Journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation : la France rendra hommage dimanche 26 avril 2026
Ce dimanche 26 avril 2026, la France commémorera pour la 73e fois la Journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation. Des cérémonies se tiendront dans tout le pays, des grandes villes aux plus petites communes, autour des monuments aux morts et des lieux de mémoire de la Résistance et de la Déportation.
Une journée née de la volonté des survivants
Dès le début des années 1950, les anciens déportés et les familles de disparus exprimèrent le souhait de voir inscrite, dans le calendrier des commémorations nationales, une date dédiée au souvenir de la déportation. Leur mobilisation fut entendue : la loi du 14 avril 1954 institua le dernier dimanche d’avril comme journée nationale d’hommage aux victimes de la déportation et aux morts dans les camps de concentration du IIIe Reich durant la Seconde Guerre mondiale.
Le choix de cette date s’explique par sa proximité avec la libération de la plupart des camps, au printemps 1945, tout en évitant toute confusion avec une autre fête nationale ou religieuse.
Environ 150 000 personnes furent déportées depuis la France : près de 76 000 Juifs, victimes de la politique d’extermination nazie, et environ 60 000 déportés de répression (résistants, opposants politiques). Au total, entre 90 000 et 100 000 déportés ne revinrent jamais.
Le retour des déportés : entre espoir et tragédie
La journée commémore non seulement la mémoire de ceux qui ne sont pas revenus, mais aussi le retour des survivants — un moment à la fois attendu et profondément bouleversant.
Au printemps 1945, de nombreuses familles attendirent dans l’angoisse des nouvelles de leurs proches, notamment devant l’hôtel Lutetia à Paris, principal centre d’accueil des déportés de retour. Aux retrouvailles heureuses répondirent aussi d’innombrables drames, lorsque l’absence confirmait la disparition.
La libération des camps fut un processus long et meurtrier. Lors des évacuations et des « marches de la mort », des centaines de milliers de détenus périrent dans des conditions effroyables après janvier 1945. Le retour des survivants reste indissociable de ces derniers épisodes tragiques du système concentrationnaire nazi.
Des cérémonies dans toute la France
À cette date, une cérémonie nationale se tient sous l’autorité du ministre chargé de la mémoire et des anciens combattants, dans un haut lieu de la mémoire de la Déportation.
Dans chaque département, l’ONACVG (Office national des anciens combattants et victimes de guerre) organise également une cérémonie sous l’autorité du préfet, et les communes sont invitées à s’y associer.
À Paris, la cérémonie se déroule traditionnellement en plusieurs temps : un hommage est rendu au Mémorial du Martyr Juif Inconnu, puis au Mémorial des martyrs de la Déportation, avant un ravivage de la flamme sous l’Arc de Triomphe.
Partout en France, les cérémonies suivent le plus souvent un protocole similaire, comprenant la levée des couleurs, des lectures de témoignages ou de messages, l’évocation des camps, des chants mémoriels comme le Chant des partisans ou le Chant des marais, ainsi que des dépôts de gerbes.
Le message national est rédigé conjointement par les principales associations et fondations mémorielles, notamment la FNDIRP (Fédération nationale des déportés, internés, résistants et patriotes) et la Fondation pour la mémoire de la déportation, avec le concours d’autres organisations engagées dans la transmission de cette histoire.
Un devoir de mémoire pour les nouvelles générations
Cette journée a pour vocation de rappeler l’ampleur du drame de la déportation et les leçons qu’il impose. Elle s’inscrit pleinement dans une démarche de transmission, notamment à travers le Concours national de la Résistance et de la Déportation (CNRD), qui mobilise chaque année collégiens et lycéens en France et à l’étranger.
Les enseignants sont également encouragés à associer leurs élèves aux cérémonies et à les sensibiliser à l’histoire du système concentrationnaire nazi.
Dans un contexte international marqué par de nouvelles tensions, cette commémoration rappelle plus que jamais l’importance de défendre les valeurs de liberté, de dignité humaine, de justice et de tolérance.

